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L’Espagne lève la Coupe du Monde!
A sa première finale de la Coupe du Monde, l’Espagne remporte une victoire historique et se fait couronner reine du football mondial, titre qu’elle ajoute au statut de championne européenne obtenu après l’Euro 2008.
Jusqu’à hier soir, seules l’Allemagne de Beckenbauer et la France de Zidane avaient réussi à remporter consécutivement la compétition européenne et le tournoi mondial. Le 11 juin 2010, l’Espagne de Puyol et David Villa vient de s’ajouter sur la liste. Couronné à Johannesburg comme huitième championne du monde, l’Espagne gardera la Coupe Jules Rimet en Europe, obligeant les Pays-Bas à attendre la prochaine occasion. Une finale chaude, dramatique, peu spectaculaire et tranchée face à l’imminence de la séance de tirs au but.
Andres Iniesta a été l’homme qui a fait le plus beau cadeau à son pays: l’unique but de la partie, marqué à la 117e minute, celui qui a sauvé l’équipe de la roulette des tirs au but.
« Le but de Iniesta est le plus important de notre vie. Un but immortel, tel que le génie né pour faire notre bonheur », a écrit le quotidien espagnol AS.
Les éloges à l’adresse du milieu de la Barça n’ont pas tarri: « Iniesta a apporté la joie à l’Espagne entière, il est un grand homme », a commenté aussi le premier-ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero, qui a pleuré d’émotion à la fin du match.
« Tant de générations se sont succédé depuis notre enfance, nous attendions un tel moment et il est enfin arrivé. A la fin de la partie, j’avais les yeux pleins de larmes. Je suis heureux et impressionné. Ce fut un match historique. J’ai pâti comme rarement il m’est arrivé. J’étais convaincu que nous allions vaincre. Mais il est vrai que les Hollandais ont essayé de ruiner notre jeu, évoluant agressivement. Nous méritons la victoire, nous avons lutté jusqu’au bout ».
Le sélectionneur Vicente Del Bosque était épuisé psychiquement au moment du triomphe: « Ca a été difficile, mais nous avons de merveilleux joueurs. Nous avons mérité la victoire, nous avons eu des occasions très claires. C’est un grand jour, je remercie tout le monde. Nous avons travaillé sans dissensions, en ne pensant qu’à la victoire. J’ai une équipe géniale, à côté de laquelle j’ai vécu 50 jours inoubliables ».
Bert van Marwijk, le sélectionneur des Pays-Bas a eu la force de reconnaître le mérite de l’adversaire: « L’Espagne a été meilleure et a vaincu », a déclaré-t-il, même si en contestant l’arbitrage. En effet, la partie a été parsemée de dures interventions de deux côtés (plus nombreuses de la part des Hollandais) et l’arbitre anglais Howard Webb a pris plusieurs décisions discutables.
L’équipe espagnole retournera à Madrid le 12 juillet, où elle sera accueillie d’une manière triomphale. Elle fera le tour de la capitale dans un autocar décapoté. Les joueurs et le sélectionneur Del Bosque seront félicités officiellement par plusieurs personnalités du pays, dont le premier est le Roi Juan Carlos.
Johan Cruyff croit à une Espagne championne du monde
Johan Cruyff, l’une des légendes du football néerlandais, a choqués ses compatriotes par son affirmation quant à la finale du Mondial, que la sélection de son pays disputera avec l’Espagne. Il voit l’Espagne comme future championne et dit que le triomphe des Ibériques en Afrique du Sud serait une chose positive pour le football.
Johan Cruyff a eu l’occasion de remporter le titre mondial en 1974, lorsque les Pays-Bas ont atteint la finale, mais ont perdu devant l’Allemagne fédérale. Aujourd’hui, 36 ans plus tard, l’Orange mécanique a de nouveau l’occasion de se faire sacrer championne du monde, mais Cruyff laisse tout le monde bouche bée par son parti-pris pour l’Espagne!
« Je suis Hollandais, mais je défendrai toujours le football joué par l’Espagne. Lorsqu’on joue de façon offensive, comme l’Espagne, on a plus de chances de gagner. Par contre, quand on joue sur la contre-attaque devant une équipe qui veut le ballon, alors on mérite de souffrir. Les Hollandais savent qu’ils rencontreront la meilleure équipe au monde ».
« Tous les Hollandais voulaient une finale contre l’Allemagne parce qu’ils craignent que l’Espagne ne s’empare du ballon toutes les 90 minutes. Leur unique chance est que l’Espagne ne profite pas des occasions, comme elle l’a fait avec l’Allemagne ».
Selon Van Cruyff, le sort de l’Espagne est dans ses propres mains, elle est la seule à pouvoir s’empêcher de gagner le titre. « L’Espagne peut perdre à ce jeu si elle se permet de le perdre, mais je serai très heureux si elle gagne. L’Espagne est arrivée au mérite en finale et a une génération extraordinaire, qui n’aura peut-être plus jamais la chance de jouer dans une finale de la Coupe du Monde », a précisé Cruyff.
La championne européenne accède à la finale de la CM 2010
L’Espagne a donné le coup de grâce à l’Allemagne et accède pour la première fois à la finale d’une Coupe du Monde. Les Ibériques ont atteint leur but face à l’Allemagne: ils ont contrôlé le jeu et l’adversaire n’a pas été laissé à agir tel qu’il l’a fait contre l’Angleterre ou l’Argentine. Grâce au jeu de passes exécuté très loin de leur propre but, les Espagnols ont eu une possession impressionnante, laissant aux Allemands peu de possibilités de contre-attaque. Ce fut la clé de leur stratégie.
Dans les deux périodes de jeu, les Espagnols n’ont essayé de forcer qu’à trois reprises 100% certaines. Autrement, à l’abri de leur célèbre toile de passes, ils ont tenu l’adversaire loin de leur surface de but. Aux rares moments où les blanc-noirs ont pénétré dans la zone de la défense espagnole, ils n’ont été dangereux qu’en deux situations. Klose et Podolski n’ont plus été les maîtres des actions individuelles qui posaient des problèmes aux adversaires et Schweinsteiger n’a pas eu sa meilleure journée.
Ni même le défenseur latéral Lahm n’a plus entrepris ses raids habituels et n’a envoyé nulle torpille vers la cage de Casillas. Les Allemands se sont pris des précautions excessives ou peut-être ont-ils ressenti la fatigue.
Toutefois, même si les Espagnols ont fait la loi à ce match, le but de la victoire est survenu à la suite de la seule erreur de défense des adversaires. A la 73e minute, quand Puyol a marqué sur un coup de tête, il s’est placé dans la surface de réparation échappant à toute surveillance des Allemands. Quant aux actions offensives, ces derniers ont été sans doute à court d’idées.
Les spécialistes anticipaient avant le match que le vainqueur sera décidé par le duel des stratèges Schweinsteiger et Iniesta. Comme l’Allemand n’a été utile qu’à détruire, mais zéro à créer et Iniesta a été de nouveau brillant, la victoire de la Roja a été naturelle. D’ailleurs, l’évolution de Iniesta explique pourquoi Leo Messi est invincible à Barcelone, mais ne brille pas à l’équipe nationale: pour la simple raison que la sélection argentine n’a pas un Iniesta.
Le 11 juin, l’Espagne va rencontrer en finale les Pays-Bas, tandis que l’Allemagne et l’Uruguay lutteront le samedi, 10 juin, pour la troisième place dans le classement mondial.
Demi-finale CM Espagne-Allemagne
Le 7 juillet, dans le pénultième acte de la Coupe du Monde, l’Espagne et l’Allemagne vont renouveler l’expérience vécue ensemble en finale de l’Euro 2008.
Bon nombre des joueurs qui ont évolué dans le match final de Vienne seront présents sur « Moses Mabhida Stadium » de Durban, en demi-finale de la Coupe du Monde.
L’équipe allemande a gardé dans le 11 de début contre l’Espagne, six des joueurs qui ont disputé avec la sélection ibérique, la finale du Championnat européen de 2008. De l’autre côté, Vicente del Bosque compte sur sept joueurs des titulaires de 2008.
Friedrich, Mertesacker, Lahm, Schweinsteiger, Podolski et Klose sont les joueurs allemands titularisés pour la demi-finale de la Coupe du Monde, contre la même équipe devant laquelle ils ont perdu à 0-1 il y a deux ans.
Casillas, Sergio Ramos, Puyol, Capdevila, Iniesta, Xavi et Torres sont les titulaires envisagés par Vicente del Bosque pour le match de ce soir, après qu’ils ont évolué dès la première minute dans la dernière finale européenne.
L’auteur du seul but marqué dans le match de 2008 a été l’Espagnol Fernando Torres, l’un des joueurs sur lesquels le sélectionneur del Bosque a annoncé qu’il compterait aussi pour la demi-finale d’Afrique du Sud.
Les quarts de finale: combat ou spectacle?
La Coupe du Monde d’Afrique du Sud est arrivée aux quarts de finale. On s’attend à des parties extrêmement intéressantes, à des matchs dont le résultat ne tiendra qu’à un fil. On y verra aussi quelques duels inter-continentaux.
Le « bal » sera ouvert le vendredi 2 juillet, par la rencontre Pays-Bas Brésil et continuera avec le match Ghana – Uruguay. Le 3 juillet, on verra en évolution l’Allemagne contre l’Argentine et, le soir, le Paraguay et l’Espagne. A noter qu’il est pour la première fois que l’Amérique du Sud envoie quatre équipes dans les quarts de finale de la Coupe du Monde.
Dans le premier match des quarts, on verra deux équipes qui ont fait bon travail au tournoi final d’Afrique du Sud. Tant le Brésil, que les Pays-Bas veulent à tout prix la victoire, même si cela les mènerait à sacrifier le football-spectacle.
Cinq fois championne du monde, l’équipe du Brésil ne peut compter cette fois sur Elano (blessé) et Ramires (suspendu). La participation de Felipe Melo et Julio Baptista est également incertaine. De l’autre côté, les Pays-Bas n’ont pas de tels problèmes, étant de plus décidés de ne pas interrompre son record de 23 matchs sans défaite.
Le Brésil n’a perdu qu’un match des 30 parties disputées et statistiquement, il domine dans les matchs directs avec les Pays-Bas. Les Néerlandais ont deux fois gagné devant les Sud-Américains par rapport à trois fois les Brésiliens. Dans les quatre autres parties jouées ensemble, les deux sélections ont remisé.
L’Uruguay et le Ghana se rencontreront sur le gazon de Soccer City, pour trancher le deuxième match de la soirée. Aucune des sélections ne se trouvait pas parmi les favorites avant le début du tournoi.
Le Ghana – l’espoir de l’Afrique à cette Coupe du Monde – peut devenir la première équipe africaine à atteindre la demi-finale. Elle devra quand-même affronter une équipe sud-américaine qualifiée la première dans le groupe où il y avait la France, le Mexique et l’Afrique du Sud et qui a éliminé en huitièmes la Corée du Sud. Le palmarès de l’Uruguay compte deux trophées de la Coupe du Monde, remportés en 1930 et 1950 et il rêve déjà d’une troisième Coupe.
Le samedi, l’Argentine et l’Allemagne auront un match de feu. Les équipes se sont rencontrées aussi dans les quarts de finale de 2006, le résultat ayant été décidé dans la séance de tirs au but, 4-2 pour l’Allemagne. La rivalité des équipes est plus ancienne encore. En 1986 et 1990, l’Argentine et l’Allemagne se sont affrontées en finale. La victoire a été à chacune des équipes et les deux se trouvent maintenant parmi les favorites à cette édition du championnat.
Quant à l’autre partie du 3 juillet, les Paraguayens auront une mission presque impossible devant l’Espagne. David Villa et les siens se voient déjà en demi-finale.
La « maraVilla » d’Espagne ne déçoit pas: 1-0 devant le Portugal
David Villa (28 ans), a été le héros de l’Espagne dans le derby ibérique ayant pour enjeu les quarts de finale de la Coupe du Monde 2010. A la 63e minute de la partie, l’attaquant de Barcelone s’est rué comme un oiseau de proie vers la cage du Portugal et a marqué le seul but du match.
L’Espagne et le Portugal ont été les protagonistes d’un duel acharné, pendant lequel le terrain semblait, très souvent, trop court et trop étroit pour tous les 22 joueurs. Les vedettes des deux camps se sont annihilés réciproquement pour plus d’une heure, la pression accablante enchaînant la fantaisie des joueurs comme Xavi, Iniesta, Torres, Simao ou Cristiano Ronaldo. Même comme ça, le jeu a abouti à quelques moments intenses devant les deux cages, mais la précision de la dernière exécution a manqué jusqu’à la 63e minute.
C’est alors que David Villa a finalisé de sang froid une attaque entamée par ses coéquipiers à gauche et a vaincu le brave gardien Eduardo, après un deuxième essai.
L’Espagne avait tout essayé, mettant en place le célèbre jeu de passes, elle s’est créé plein d’occasions, mais les élèves de Vincente Del Bosque ont eu du mal à percer la défense portugaise.
Avec le score final de 1-0, La Furia Roja va dans les quarts de finale, tandis que le Portugal rentrera à la maison, à cause du premier et dernier but encaissé à ce tournoi final.
L’Espagne oppose la solution « Pique » au problème « Ronaldo »
L’Espagne et le Portugal entreront les deux en arène, sur le stade « Green Point » de Cape Town et après ce jour, seulement l’une des équipes poursuivra la course pour le titre mondial.
L’une des principales préoccupations des Espagnols dans le duel avec le Portugal sera le blocage de Ronaldo. C’est en vain que le sélectionneur Vincente Del Bosque a suggéré que l’adversaire représentait beaucoup plus que Ronaldo. Celui-ci « jouira » de toute l’attention dans le match du 29 juin, et cette situation apporte au premier plan le joueur Gerard Pique. L’arrière de Barcelone sera chargé de tenir sous contrôle l’impétueux Cristiano Ronaldo, un rôle pas du tout accidentel.
Connaissances de longue date, les deux se sont heurtés l’un contre l’autre trois fois auparavant et chaque fois, l’Espagnol a gagné le combat direct. Le premier épisode s’est passé dans la finale de la Ligue 2009, lorsque Cristiano, joueur à Manchester United, n’a pas brillé et Barcelona s’est imposée à 2-0. Le scénario s’est répété une fois avec l’arrivée à Real Madrid. Dans les deux confrontations de la Primera, Pique a rendu « invisible » le Portugais.
Les trois antécédents font croître la confiance au sein de la Roja, tel que rapporté par le quotidien madrilène « El Mundo ». « Avec Pique sur ses talons, Ronaldo ne bougera pas. Ce sera notre grand avantage ».
Pique sait bien à quoi s’attendre et il a expliqué sa technique de bloquer Ronaldo! « Lorsqu’on se confronte avec Cristiano, on ne doit pas le regarder, ni regarder ses jambes, il faut juste regarder la balle. C’est la seule façon de le freiner », a dit l’arrière de Barcelone.
La partie ibérique se déroule sur Green Point, un stade aux beaux souvenirs pour les Portugais. Là, ils ont remporté la seule victoire au tournoi final, la seule où ils ont pu marquer – le célèbre 7-0 devant la Corée du Nord. Par contre, les Espagnols le considèrent malchanceux pour les favorites, parce que c’est sur son gazon que la France et l’Italie ont remisé avant d’être éliminées dès le premier tour.
Le Portugal vient après une série de 19 matchs sans défaite. L’équipe de Carlos Queiroz a perdu le dernier match il y a 19 mois, 2-6 dans l’amical avec le Brésil. Eduardo garde la cage intacte depuis septembre 2009. De plus, le Portugal est la seule équipe présente au Mondial à n’avoir encaissé aucun but.
Mais les Espagnols veulent prendre la revanche pour « l’une des pages les plus tristes de l’histoire de la nationale ». Il s’agit du match de 20 mai 2004, quand l’Espagne, grande favorite à l’Euro, a perdu à 0-1 devant les hôtes portugais et a quitté la compétition après les groupes. Il y a des « survivants » des équipes d’alors: Casillas, Puyol, Xabi Alonso, respectivement Ricardo Carvalho, Deco et Ronaldo. Cristiano Ronaldo avait alors 19 ans, jouait pour Manchester United et commençait à se faire un nom dans le monde du football.
La Roja renforce son attaque et espère vaincre le Honduras
Le sélectionneur de l’Espagne, Vincente del Bosque, dit que son équipe a manqué de précision à son début en Afrique du Sud. En même temps, il espère que La Roja dominera le Chili et le Honduras et fera oublier sa défaite devant la Suisse.
« On a manqué d’un peu de précision dans les dernières minutes. Je crois dans la discipline tactique, même dans les moments difficiles. La Suisse a joué en défensive pour contrecarrer notre jeu et a su profiter de toute contre-attaque ou balle arrêtée, obtenant trop pour ce qu’ils ont montré. Notre jeu ne repose pas seulement sur la possession, mais aussi sur la profondeur, et nous n’avons pas trouvé d’espaces, en dépit des occasions eues pour renverser le résultat ».
Pour prendre la revanche nécessaire à la qualification, Vicente Del Bosque fera quelques changements pour le match avec le Honduras, le 21 juin. Les changements sont faits dans la section qui a déçu à la première rencontre, à savoir l’attaque.
Si contre les Suisses, seulement David Villa était en offensive, sur le stade Ellis Park, il sera accompagné par Fernando Torres. Ce dernier s’est à peine rétabli après une blessure et n’a plus marqué pour l’équipe nationale depuis le 14 juin 2009, à la Coupe des Confédérations. « Torres est très habitué à être lui seul en attaque. Maintenant, il aura Villa à gauche », a ajouté le sélectionneur.
Les deux seront appuyés par Jesus Navas, à droite, joueur très rapide et auteur de beaux centres.
Torres et Villa ont marqué ensemble 17 buts lorsqu’ils se sont trouvés les deux sur le terrain.
La Furia Roja, domptée par la sélection suisse
Il semble que l’atmosphère de l’Afrique du Sud ait complètement étourdi les favorites à la Coupe du Monde. « La plus spectaculaire équipe au monde », l’équipe de super-vedettes de l’Espagne, surnommée aussi la « Furia Roja », a étonnamment perdu son premier match joué au tournoi final. La partie disputée à Durban a été tactiquement contrôlée par les Suisses de l’expérimenté Ottmar Hitzfeld. Le seul but du match a été inscrit par Gelson Fernandes, dans la 52e minute, celui qui a été d’ailleurs élu « l’homme du match ».
Lestée par le statut de favorite, à l’opinion des spécialistes et des supporters, l’Espagne a péniblement débuté dans le match contre la Suisse. La présence sur le terrain de Villa, Xavi, Iniesta ou Pedro n’a garanti nul but, la première mi-temps étant plutôt l’un où l’Espagne a fait le jeu de la Suisse. David Silva et Iniesta ont constamment essayé d’envoyer la balle dans la cage de Benaglio, tandis que Xavi n’arrivait pas à envoyer des passes décisives à David Villa. C’est sous ces auspices que s’est écoulée la première période de jeu, pauvre en occasions des deux côtés.
La surprise s’est passée au début de la deuxième période. La Suisse a ouvert le score dans la 53e minute. A la suite d’une phase très confuse, la balle a atterri dans la surface de récupération espagnole et Gelson Fernandes a profité de la situation, la plaçant au fond des filets de Casillas. Alors que les Suisses étaient au comble de la joie, Miguel del Bosque faisait rapidement deux changements qui laissaient transparaître ses intentions: Fernando Torres et Jesus Navas à la place de Sergio Busquets et David Silva.
Les occasions se sont vite multipliées devant la cage de Benaglio, mais Torres et Navas ont raté de peu la cible. L’Espagne est tombée en crise de temps, ce qui a profité aux joueurs de Ottmar Hitzfeld, qui ont mené une bonne contre-attaque.
La fin du match n’a plus rien apporté, car les essais désespérés de l’Espagne étaient devenus de moins en moins lucides.
L’équipe suisse réussit, ainsi, à produire la plus grande surprise de la Coupe de Monde, dominant la sélection la plus chère présente à l’Afrique du Sud.
Les Espagnols sont en route pour le titre mondial
L’Espagne, l’une des grandes favorites de la Coupe du Monde 2010, aura un groupe relativement facile. Mais comme c’est souvent le cas avec les Espagnols, c’est la phase des éliminations directes qui offrira le plus grand spectacle.
La « Furia Roja » aura son match de début contre la Suisse. Les Suisses sont estimés comme l’un des côtés faibles de la section UEFA et l’Espagne pourrait être sûre d’une victoire massive dans leur match d’ouverture.
Honduras, qui jouera en Coupe du Monde pour la première fois depuis 1982, devra poser peu de problèmes pour les hommes de Vicente del Bosque. Honduras s’est qualifié tout en terminant derrière les Etats-Unis et le Mexique.
Un autre pays de langue espagnole, le Chili, sera dans le dernier match de groupe de La Seleccion. En fait, Del Bosque sera heureux d’affronter à la fin les Sud-Américains, car ils représentent la plus grande menace. Dans les grandes rencontres (avec le Brésil et l’Argentine particulièrement), les Chiliens ont tendance à jouer de façon défensive et en contre-attaque et ils vont probablement recourir à cette stratégie contre l’Espagne.
Si cette dernière devrait facilement devenir reine du groupe même avant le dernier match, le tracé sera plus difficile dès le deuxième tour. Les potentiels adversaires dans les 32 derniers comprennent le Portugal, la Côte-d’Ivoire, la Corée du Nord et peut-être même le Brésil. Une rencontre avec la Seleçao serait un match de rêve pour beaucoup d’entre eux, mais une confrontation avec le Portugal est plus probable.
Les choses se compliquent pour la Roja dans les quarts de finale, où elle « risque » une rencontre avec sa voisine, championne en titre de la Coupe. Cela pourra être la revanche des quarts de finale de l’Euro 2008.
Les Italiens ne sont pas dans leur meilleure forme à présent, mais avec Marcello Lippi aux commandes, ils pourront adopter une stratégie ultra-défensive, problématique pour l’Armada espagnole. Cependant, la récompense serait beaucoup plus grande.
Dans les demis, les possible challengers incluent l’Allemagne, l’Argentine, l’Angleterre, la France et les Etats-Unis. Les Espagnols auront raison de se sentir optimistes contre les Allemands, les Argentins et les Anglais, mais ils ont derrière des expériences amères avec les Français et les Américains.
Enfin, si tout va bien pour l’Espagne, elle pourrait encore rencontrer le Brésil en finale, le 11 juillet 2010. Mais, jusque là, c’est un très long chemin à parcourir.
Le sélectionneur Del Bosque a une approche sage et prend en compte les défis étape par étape: « Nous savons que les gens nous voient comme la favorite du groupe, mais c’est en terrain que nous devrons nous montrer dignes de cette confiance. Nos performances de ce dernier temps ne représentent rien en ce moment et nous ne nous permettons pas d’aller aux Mondiaux comme si nous avions déjà remporté les groupes. Après ce tirage, ce n’est pas le cas ni de faire la fête, ni de nous inquiéter. Tout ce qu’on doit faire, c’est de travailler et d’être préparés à 100% pour le premier match. »